En cours de français, le professeur peut réutiliser les œuvres picturales et faire reformuler aux élèves ce qu’ils retiennent de leur présentation en cours de musique et de la production en cours d’arts plastiques.
Il s’agit ensuite de les faire s’interroger sur la possibilité d’une abstraction dans le domaine de la littérature. Comme la figuration dans le domaine pictural, la mélodie et la tonalité dans le domaine musical, il est possible d’envisager la déconstruction des outils des poètes et des écrivains. Les élèves peuvent trouver eux-mêmes ce qui peut être détruit dans le langage propre de la littérature :
la grammaire et l’orthographe, la disparition des règles.
le sens donné aux mots et la convention du langage, la possibilité d’inverser, de substituer les mots pour arriver au non-sens.
l’arbitraire des signes

La séance peut se poursuivre par la découverte des poètes surréalistes (un texte de Tristan Tzara par exemple), dont le travail est à rapprocher de celui de Francis Picabia et du mouvement Dada.

Tristan Tzara - Dada Into Surrealism (1959)

Le processus de l’écriture automatique aboutit à la négation de la recherche du sens conventionnel et de la cohérence de la raison et souhaite atteindre un niveau d’expressivité absolue, débarrassé de toute entrave. Cette démarche peut être comparée à celle des formalistes ou du suprématisme de Malévitch. Dans les deux cas, l’artiste cherche à atteindre un idéal intellectuel de pureté qui échappe à tous les codes pour se concentrer sur des formes ou des idées.

Les élèves peuvent enfin être amenés à proposer une lecture du texte étudié, en variant les paramètres sonores de leur voix, de manière à mettre en valeur par le son, les éléments de la déconstruction du langage littéraire. Chaque élève choisit une « phrase » du texte et doit en faire une restitution orale qui intègre le passage de la voix aiguë à la voix grave, des changements de rythme, des contrastes d’intensité (du chuchotement au cri) ou encore la modification du timbre naturel de la voix parlée. Par cette production presque théâtrale, les élèves mettent en pratique dans le contexte du cours de français, des connaissances convoquées lors de la première séance en éducation musicale à propos de l’œuvre de Webern.