Discipline concernées : histoire/lettres/arts plastiques

Période historique : le XXe siècle

Thématique : art-État-pouvoir/art-espace-temps

Objectif :

Ce projet permet à la fois de faire de l’histoire des arts avec les élèves mais aussi de les préparer à la nouvelle épreuve du Brevet des collèges.

Problématique :

Le domaine artistique privilégié est celui de la peinture : l’étude de deux portraits de Staline, totalement opposés, permettant d’aborder la notion de propagande et de totalitarisme dans le chapitre sur l’URSS.

Chap. 2 : L’URSS DE STALINE

Ce chapitre est traité entre en 3 leçons :

I. Le pouvoir en URSS

II. La collectivisation de l’économie en URSS

III. La société contrôlée par le pouvoir

C’est au cours de cette troisième leçon qu’a lieu le temps fort de l’HDA avec l’étude de deux portraits de Staline.

III. La société contrôlée par le pouvoir

Comment le pouvoir soviétique s’efforce-t-il de créer un « homme nouveau » ?

A. une société étroitement contrôlée

  1. L’art au service de la propagande:l’exemple de deux portraits de Staline
  2. La police surveille et emprisonne

B.Une société terrorisée

  1. Les camps du goulag
  2. Les procès de Moscou de 1936-38

Étude du portrait de Joseph Vissarionovitch Staline (Staline dans un fauteuil) de Georgui Roublev, 1935, Moscou, galerie internationale Tretiakov

Questionnaire pour les élèves

  1. Quelles sont les couleurs utilisées ?
  2. Quelle est la position de Staline ?
  3. Que lit-il ?
  4. Que pouvez vous dire de son regard ? De celui de son chien ?
  5. Comment pensez vous que l’artiste a été perçu par le pouvoir ?

L’artiste n’utilise que trois couleurs : le rouge, le blanc et le noir. Le rouge est bien sûr la couleur de la révolution, mais aussi tout simplement la couleur symbolisant le pouvoir de Staline. Roublev nous montre un Staline roublard, au regard manipulateur et dur, bien loin des portraits officiels de propagande de l’époque.

Le chien, tapi à ses pieds, au regard également très dur, pourrait évoquer la police politique et les arrestations arbitraires qui se multiplient, annonçant déjà la période des purges et des grands procès.

La position de Staline sur la toile est à la fois centrale et dominatrice mais aussi confortable : c’est l’image du pouvoir qu’il s’est construit.
Staline est en train de lire le journal « la Pravda » (qui est un mot russe signifiant la vérité !!!) : cela nous montre qu’il contrôle la presse, la culture, les idées.

Il faut savoir que Georgui Roublev est un spécialiste de la peinture monumentale qui ne correspond plus aux canons officiels : il faut du réalisme socialiste et pas de « formalisme »(la peinture abstraite et la musique atonale étant vues comme une influence occidentale néfaste pour le peuple). Il a réussi à sauver une partie de son œuvre, ainsi pour ce portrait de Staline, en la cachant. Il dissimule jusqu’à sa mort ce portrait de Staline en le plaquant contre le mur de son atelier.

Cet exemple montre bien que l’on est dans un régime totalitaire :
- un pouvoir unique et autoritaire
- un contrôle de la pensée, de la culture
- les libertés supprimées
- une police politique

Étude du tableau «  le matin de notre patrie  »1946-1948,huile sur toile, Moscou, galerie nationale Tretiakov 

Questionnaire pour les élèves :

  1. Qui est représenté ? dans quelle position ?
  2. Qu’évoque-t-il pour vous ?
  3. Quel paysage sert de toile de fond ?
  4. Quels éléments indiquent que l’URSS est devenue une grande puissance ?
  5. Ce portrait est-il, à votre avis, une œuvre indépendante ou une commande d’État ? Justifiez votre réponse.

Staline apparaît ici comme le petit père du peuple soviétique, comme un héros et comme un dieu.

Habillé de blanc, protecteur, son regard s’étend au loin : c’est un visionnaire. Nous sommes juste après la guerre et c’est donc en chef victorieux et libérateur du nazisme qu’il se fait représenter.
Le paysage qui sert de toile de fond à son portrait est celui d’un pays devenu une grande puissance industrielle et agricole. On retrouve les éléments étudiés dans le cours II : L’électrification du pays, des usines avec leurs cheminées fumantes, les champs à perte de vue (collectivisation des terres). Bien entendu, famines et résistance sont gommées.
Ce portrait, contrairement au précédent, apparait donc comme une commande d’Etat et une oeuvre de propagande.